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hou la vilaine

 

                                                      Hou la Vilaine !!

Les réflexions plus ou moins plaisantes comme : « Elle n’est pas jolie la Vilaine ! »,        « Oh ! La Vilaine », « La Vilaine qui n’a pas volé son nom ».

Rennes se situe à la confluence de l’Ille et de la Vilaine, de faible débit, la Vilaine coule dans le centre de Rennes, comme le constate un rapport du 15 août 1769 : « Pendant les étés, les eaux de cette rivière, divisées en plusieurs canaux, couvrent à peine un tiers de la superficie du lit ordinaire et de l’étendue des fossés, elles y croupissent avec les immondices dont elles sont chargées. Ce limon liquide produit des vapeurs et des exhalaisons putrides qui infectent l’air qu’on respire dans la ville et aux environs et causent de dangereuses et fréquentes maladies ». Des cloaques se forment qui ne se vident jamais et favorisent la contamination. Les eaux stagnantes chargées de déchets et alimentées par les eaux usées (ménagères), les eaux-vannes (fosses d’aisance) et les dégagements malodorants qui s’ensuivent, au cours du XIXe siècle, lorsque les quais ont été faits, de superbes lignes ont été tracées, et les antres fangeux et les culs-de-sac abjects ont été détruits, ses eaux sont perçues comme celles d’un caniveau à ciel ouvert, mortes, croupies et vertes. »

En juillet 1949, les prélèvements effectués par l’Union des pêcheurs à la ligne suivis d'un rapport du préfet au maire de Rennes en octobre confirment la pollution massive de la Vilaine, qui ne coule pratiquement plus à partir de l’écluse de la Chapelle-Boby.

Outre sa malpropreté, la végétation aquatique disparaît presque complètement dans la traverse de Rennes, et que son eau infecte, dont la température est de 32°C à 50 mètres en aval du Mail, dégage des odeurs d’hydrogène sulfuré qui proviennent de la fermentation des vases provoquées par les divers déversements.

Quant à l’Ille, où est installé le ponton de la Société des régates rennaises, son débit est entièrement constitué par les eaux de fabrication d’une tannerie, qui sont évacuées dans la rivière pratiquement sans épuration. En 1990 encore, les responsables rennais de la Société nationale de secours en mer assurent que « dans l’eau polluée et huileuse de la Vilaine mieux vaut éviter de dessaler (*) ». (*) En navigation, dessaler signifie chavirer ou se coucher sur l'eau avec une embarcation légère, bref tomber à l'eau.

Mais la Vilaine peut tomber dans l’excès inverse, des crues moyennes et ordinaires aux crues extraordinaires, aux conséquences plus dramatiques. On dénombre 23 épisodes de crues entre 1853 et 2001, celles de 1966 et 1974 étant inscrites dans la mémoire récente des Rennais. Celle, subite, de la nuit du 17 au 18 janvier 1871, provenant de la fonte des neiges et glaces, emporte au moins six bateaux lavoirs dont L’Utile, le Jean-Bart, l’Espérance, le Marie-Baptiste. Les dames Verlet et Hamon, blanchisseuses, demandent alors que « les eaux du bief du Comte soient écoulées pendant un jour afin de leur permettre d’en retirer le linge qui s’y trouve. » Au sein même de la Société des régates rennaises, il y a des bateaux qui s’appellent Moulin de Joué, Cabinet vert, le Mail, Moulin du Comte, Ille, Flume, Semnon, Gwilen, mais jamais Vilaine…

La légende est reprise dans une chanson par Théodore Botrel «  la Vilaine » est victime de son nom et l'on ne va pas le changer. De multiples interventions sont mises en œuvre visant à domestiquer, au fil des années, le cours de la Vilaine, notamment dans la traverse de Rennes, de sa canalisation pour la rendre navigable aux aménagements effectués pour atténuer ses crues ou embellir son cours. La Vilaine a en effet subi de nombreux aménagements qui l'ont faite peu à peu disparaître. Des aménagements hydrauliques, avec le creusement du canal du Gué-de-Baud, le comblement du "vieux cours" ou du canal de l’Arsenal, la construction du vannage du vélodrome avec le creusement d’un bras et le captage du ruisseau de la Barbotière, sans compter les nombreuses installations portuaires (quais ou cales), souvent vouées elles aussi à disparaître avec le temps. Suivant la même démarche d’occultation du fleuve, les ruisseaux comme le Joculé ou le Brécé disparaissent du paysage, et, plus spectaculaire encore, la Vilaine est partiellement recouverte en deux temps, en 1912-1913 puis en 1963-1965.

Mis à part le projet de Benjamin Nadault de Buffon qui envisageait d’utiliser l’eau de la Vilaine en la relevant avec des machines à vapeur, la Vilaine n'est pas utilisée comme une ressource en eau potable. Jusqu’à la mise en place d’un système d’adduction d’eau en 1884 et la création de fontaines publiques, Rennes est alimentée en eau potable par des puits et des porteurs d’eaux. A une époque où les animaux sont encore présents dans la ville, elle sert néanmoins, avec les multiples ruisseaux et mares présents sur son territoire, à les abreuver. Malgré son faible débit, le fleuve est toujours une source d’énergie motrice pour les différents moulins installés sur son cours (ceux de Joué, Saint-Hélier ou du Comte), ou sur celui de l’Ille (Saint-Martin et Trublet). Il est aussi un élément indispensable aux activités industrielles. Sans remonter aux parcheminiers dont l’odonymie rennaise garde la trace, les quelque trente tanneries en activité en 1880, installées plutôt le long de l’Ille en témoignent, sans compter les nombreux corroyeurs et mégissiers.

L’eau est aussi utile pour beaucoup d’autres activités établies sur le bord de la Vilaine ou de l’Ille. On sait, par exemple, qu’avant 1922, une usine de produits pharmaceutiques est installée au 13, route de Lorient et qu’elle déverse dans la Vilaine ses eaux résiduelles. En 1927, les Papeteries de Bretagne ont aussi installé leur usine juste avant le déversoir du Moulin-du-Comte, « pour permettre d’imprimer un journal breton [Ouest-Éclair] avec du papier breton. » Les rejets d’écume blanche donneront parfois aux rameurs et barreurs de la Société des régates rennaises l’impression de circuler sur le Saint-Laurent au moment de la fonte des glaces, l'odeur de chlore en plus!

L'eau de la Vilaine sert aussi, à une époque où il n’y a pas encore de bornes à incendie, à alimenter Victoire, la pompe automobile des pompiers sous la municipalité Janvier. Plus exceptionnellement, elle est aussi utilisée à des fins somptuaires, par exemple pour alimenter les jeux d’eau de l’exposition horticole d’octobre 1902 : une prise dans la Vilaine permettait, à l’aide d’une pompe à vapeur, d’alimenter une cascade et un ruisseau (rive gauche du pont de Berlin), l’eau étant restituée par la bouche d’égout située sur la place. Enfin, plus régulièrement encore, l’eau de la Vilaine sert à laver le linge. En 1870, on dénombre 68 lavandières ou blanchisseuses à Rennes, souvent installées sur les berges ou sur les marches des escaliers menant à l’eau et, en 1900, 39 buanderies ou bateaux-lavoirs sur l’Ille et 12 sur la Vilaine ! Dans le centre de Rennes, en 1888, ces bateaux à lessive amarrés au quai Lamennais s’appellent L’Anonyme, La Marie Baptiste, Le Constant, l’Espérance, le Solide, le Jean-Bart, Le Moulin à paroles, l’Utile ou le Bon accord. Ils sont à deux étages et vont faire l’objet de plaintes de la part des passants et résidents incommodés par les fumées des buées. Ils seront bientôt poussés hors des quais et du centre, première mesure d’éloignement des activités industrielles. Malgré l'état de ses eaux, les pêcheurs amateurs regroupés dans des associations telles que les Chevaliers de la Gaule ou l’Union des pêcheurs à la ligne de Rennes et de la région ainsi que des pêcheurs professionnels, s'installent sur les berges de la Vilaine. L'un d'entre eux obtient même l’autorisation de faire stationner son embarcation dans le large fossé appelé « Regord de la Barbotière » en 1885.

La Vilaine a longtemps été un égout pour la ville. Cette situation est prise en compte par les hygiénistes et les édiles « contempteurs de la vieille ville puante, engorgée, insalubre, foyer des maladies, mourissoir en puissance ». Ils se montrent soucieux d’améliorer leur cadre de vie, de faire circuler les eaux, de combler les fossés, d’approvisionner la ville en eau potable. Ils mettent en place un système d’adduction d’eau et de ré purgation des boues avec la création, entre 1881 et 1890, d’un système d’égouts comprenant un collecteur général qui déverse les eaux usées dans la Vilaine à deux kilomètres de la ville. Ils mènent des combats contre la malpropreté, pour ses conséquences dommageables, davantage ressenties dans la traverse de Rennes que dans les quartiers populaires du Nord-Ouest de la ville, dont on ne recueille guère la parole. Leurs points de vue s’opposent encore souvent à ceux qui tirent de cette situation leur moyen de vie ou leurs bénéfices : les tanneurs, les propriétaires de bateaux à lessive, les lavandières, les porteurs d’eau, les vidangeurs, sans compter les habitants réticents à raccorder leurs habitations aux égouts. Mais, progressivement, les activités polluantes ont tendance à être repoussées en aval de la traverse de Rennes ou à disparaître : en 1925, par exemple, il n’y a plus que deux tanneries à Rennes et le seul moulin subsistant aujourd’hui, Grands moulins de Rennes à Saint-Hélier, fonctionne à l’énergie électrique Il convient donc de distinguer la Vilaine en amont de Rennes qui, au début du XXe siècle, commence au Cabinet vert, et la Vilaine en aval, qui se trouve chargée de tous les rejets de la ville, dont les effets sont perceptibles jusqu’au débouché du collecteur. L’examen des solutions apportées ou, au contraire, exclues pour la satisfaction des besoins des Rennais en matière de baignade, confirme cette réalité. On observe, en effet, que dès le milieu du XVIIIe siècle, le Gué-de-Baud, en amont de la ville, est « le lieu ordinaire où les écoliers vont se baigner » quand les femmes se baignent dans des lavoirs couverts. Par souci de sécurité, toutes les baignades « sûres et sécurisées » à l’usage des militaires mais aussi des civils, sont bientôt installées en amont de Rennes, au Cabinet vert, par exemple.

Puis, des impératifs d’hygiène apparaissent, opposés, en 1893, à une demande d’implantation de baignade à l’Ouest de la ville et, en 1884, à la demande d’installation d’un lavoir pour les usages de l’asile des aliénés de Saint-Méen, en amont de la baignade du Gué-de-Baud. En 1944, alors qu’on envisage le creusement d’un bassin de natation alimenté par la Vilaine au lieu-dit « Les Vaux Parets », sur la commune de Cesson, il est clairement affirmé que l'on « ne peut songer actuellement à établir un bassin de natation ailleurs qu’en amont de Rennes . Si une réelle préoccupation pour la sécurité se fait jour (demande d’installation de filets au fond des baignades, installation d’échelles et d’escaliers de sauvetage, ou de boites de secours aux noyés, sous l’égide des Hospitaliers sauveteurs bretons), les Rennais ne semblent cependant pas particulièrement préoccupés par la dimension sanitaire, sans doute parce que se baigner (on ne parle pas encore de nager), ne semble pas être encore une aspiration généralisée.

En 1922, quand est projetée la construction de la piscine Saint-Georges, le référendum organisé par Ouest-Éclair donne 450 voix pour et 9500 voix contre. Le degré de tolérance et les règles d’hygiène de l’époque, conjugués à la volonté de vivre, à Rennes, la modernité parisienne, permettront, par exemple, pour l’organisation de la traversée de Rennes à la nage en 1906, de faire subir à la Vilaine « un nettoyage en règle », « les lentilles amenées par les chasses d’eau » étant draguées à l’aide d’une large bande de toile remorquée par dix bateaux. « Ce n’est pas sans étonnement qu’on constate que l’eau sera propre », écrit l’Ouest-Éclair du 12 août 1906 !

Les premiers sociétaires de la Société des régates rennaises semblent d’ailleurs avoir été assez indifférents à cet aspect des choses. Ils ignorent les « eaux noires » de l’Ille au bord de laquelle est installé leur garage à bateaux et ne bénéficieront de douches qu’à partir de 1954, à une époque où, à Rennes, un tiers des habitations ne possèdent pas l’eau courante. Malgré la modestie de son débit et la douteuse qualité de ses eaux, au XIXe siècle, le cours de la Vilaine est depuis longtemps, au moins depuis le XVIe siècle, une voie propice à la navigation. Il faut rappeler que c’est à la demande des Rennais, formulée dès 1538, que la Vilaine a été rendue navigable jusqu’à Rennes et au delà, grâce aux écluses de Saint-Hélier (remplacées par celle de la Chapelle-Boby, puis de Dupont-des-Loges) et du Moulin-de-Joué.

En 1836, le système de navigation sur la Vilaine sera complété par le raccordement du canal d’Ille-et-Rance à la Vilaine canalisée. L’importance de la navigation fluviale a entraîné la création à Rennes de deux ports principaux : le port de Vilaine et le port du canal, bientôt dotés de quais à fleur d’eau, et de nombreuses cales, rampes, arrivoirs et dalots pour l’approvisionnement de la ville. Ces ports et cales sont fréquentés par de nombreux chalands, péniches et cahotiers. En 1919, on en dénombre environ 70. Ils occasionnent plus de 8 000 passages à l’écluse du Moulin-du-Comte en 1884, et une moyenne de 200 000 tonnes de déchargement à Rennes entre 1896 et 1905, rendus possibles par la présence de nombreux bateliers, mariniers, et constructeurs de bateaux. Mais la navigation, victime de la concurrence du chemin de fer et de la route, déserte peu à peu la traverse de la ville. Les dernières péniches utilisées à des fins commerciales, celles de l’entreprise Huchet, essentiellement pour le transport de sable, cesseront de circuler en 1976-1977, pour devenir, pour la plupart, des résidences flottantes. Parallèlement, L’Abeille, « petit bateau à vapeur de plaisance » qui, à partir du 29 septembre 1889, transporte des passagers entre le Palais du Commerce et Cesson est aussi victime de la concurrence du tramway. Envisagé en 1885, un projet de service de bateau à vapeur entre Rennes et Le Boël est également abandonné.

Finalement, l’espace libéré par la disparition ou le déplacement des activités industrielles ou commerciales en aval de Rennes, ne provoque qu'une appropriation lente du fleuve, de ses berges ou de son cours. Au milieu du XIXe siècle, de nouveaux rapports à l’eau commandent d’autres usages de la Vilaine à des fins de loisirs, cherchant à s'extraire d'une ville aux rues polluées et confinées. C’est à ces besoins que répond la location de barques et, dès 1867, la création de la Société des régates rennaises à la confluence de l'Ille et de la Vilaine. Les canotiers sur leurs périssoires, canots et yoles, peuvent, après la restauration de l’écluse du moulin de Joué s’évader jusqu’à Cesson et bientôt au Boël.

À la même époque, permettre à la navigation fluviale d’accompagner l’extension et l'embellissement de la ville reste une vraie préoccupation. En 1897, pour remplacer la cale du Pré-Botté, la nouvelle cale de la Barbotière est aménagée, en aval du vannage du vélodrome nouvellement créé. Le 26 octobre 1910, Jean Janvier annonce que, « devant le Palais du Commerce enfin achevé, s’étendra un vaste emplacement qui sera transformé en jardin, dans le genre de la place du Carrousel, près le Louvre, à Paris ». La navigation fluviale au moyen du halage apparaît comme une pratique gênante. Il convient d’éviter, déclare-t-il, que « la circulation soit à chaque moment interrompue sur nos quais par le halage des bateaux par des hommes ou des chevaux et que le passant distrait au passage d’un pont ne soit pas exposé à recevoir un paquet de cordages mouillés qui le ramène durement à la réalité ». Les cales de Viarmes et du mail d’Onges, respectivement supprimées en 1896 et 1912, pour répondre à la demande des habitants, sont remplacées par une autre cale, au bord de l’hôpital Saint-Méen, construite en 1925, avec un quai de 120 m de long.

Le 29 septembre 1960, il est décidé du prolongement de la couverture de la Vilaine jusqu’au pont de la Mission. Si la navigation fluviale reste autorisée, il s’agit alors de créer un parc de stationnement indispensable pour les besoins de la circulation à Rennes qui, comme le dit le maire Henri Fréville, « est en train à devenir une des très grandes villes de France ». Il s'agit aussi de « faire que la rivière dont l’aspect n’est pas très heureux dans la traversée Est-Ouest soit dissimulée aux yeux pour faire place à une magnifique perspective dans le prolongement des jardins de la Poste actuellement existant. » Il ne semble pas y avoir eu de fortes oppositions à l’époque. Source (textes partiel ) Archives de Rennes .

Rebondissement en 2026 on décidera d'enlever cette couverture pour rendre l'aspect initiale à la Vilaine, comme dit le dicton (faire et défaire c'est travailler), mais ça coûte cher.

      Des souvenirs de journées inoubliable, détente, insouciance, rencontre.

La vilaine c'était aussi les loisirs, les promenades en barques, les cafés, guinguettes, restaurants, ceux qui avaient la chance d'être au bord de l'eau avaient su mettre à profit l'avantage qu'ils pouvaient en tirer, la location de barque était florissante et attirait un large public, promenade en amoureux au fil de l'eau, mini concours de vitesse entre barque avec au menu des éclaboussures provoquées par des coups de rames sur l'eau. D' étranges équipages en tenue du dimanche (costume cravate), pour d'autre c'était en (marcel et short) ça permettait de mettre en avant les muscles pour impressionner, baignades, plongeons, et tout ça creuse l'appétit, certains avaient le panier de pique nique, d'autres allaient manger la galette saucisse avec la traditionnelle bolée de cidre, le tout au son de l'accordéon.

Des familles partaient à la pêche pour la journée avec le panier bien garni pour le repas du midi sans oublier (apéro, cidre), que l'on prenait soin de mettre au frais en arrivant dans la rivière, en fin de journée retour à la maison et pour le repas du soir une petite friture de poissons au menu (quand ça mordait).

Il y avait des lieux de détente tout autour de Rennes la plupart louaient des barques, à Cesson Sévigné le café restaurant juste au pont du moulin était toujours plein de monde, mais lorsque le fleuve débordait, l'eau envahissait l'artère principale du vieux Cesson, obligeant les habitants à patauger dans le courant qui traversait la rue, c'est ainsi qu'est né une raillerie populaire, les habitants des communes voisines utilisaient cette formule humoristique pour se moquer des piétons les pieds dans l'eau« Cesson-les-Bains de pieds », le bourg ancien subissait régulièrement les débordements du cours d'eau, l'eau s'écoulait directement sur la chaussée principale (l'actuel cours de la Vilaine).

Autre lieu très fréquenté : Pléchatel, Bourg des Comptes, Pont-Réan. 

Sainte Anne sur Vilaine, etc etc, une mode et un art de vivre et de détente, un cadre qui attirait les photographes qui venaient pour faire des photos de mariés (mise en scène en barque bien sur)

                  Ah !! qu' elle formidable époque, une époque pas si vilaine que ça.

La chanson « La Vilaine » de Théodore Botrel 1895 narre la légende d'une jeune fille dont les pleurs, après avoir été rejetée, ont donné naissance au fleuve breton, un récit conté par le barde.

 

D'après les anciens écrits,

C'est au temps où, dans Paris,

La Duchesse Anne était Reine

Qu'un soir d'Automne éploré

Naquit auprès de Vitré

La Vilaine.

Il faut en faire l'aveu :

Elle était bossue un peu

Et boîtait à faire peine ;

Il suffisait de cela

Pour que chacun l'appelât :

"La Vilaine"" !

***

Or, un jour que dans les prés

La fille aux cheveux dorés

Cueillait l'humble marjolaine,

L'héritier du vieux Manoir

Frôla, sans même la voir,

La Vilaine !

Mais depuis ce maudit jour

La pauvresse aima d'amour

Le fils de la châtelaine ;

Et, rôdant aux alentours,

Depuis lors on vit toujours

La Vilaine !

***

Et quand le Seigneur hautain

Partit en guerre, un matin,

Pour agrandir son Domaine,

Auprès de son destrier

II vit, tendant l'étrier,

La Vilaine !

Bravant le sort hasardeux

L'Adoré pique des deux,

Suivi de son capitaine ;

Et l'on vit, près des chevaux,

Courant par monts et par vaux,

La Vilaine !

***

Près des coursiers haletants

La pauvre alla bien longtemps

Jusqu'aux collines du Maine ;

S'écria, morte à moitié :

"Seigneur ! prenez en pitié

La Vilaine"!

Et l'ingrat, riant bien fort,

Jette une des pièces d'or

Dont son escarcelle est pleine ;

Puis il disparaît soudain

Laissant au bord du chemin

La Vilaine !

***

L'enfant, voyant son amour

Disparaître sans retour,

Sanglotait à perdre haleine

Tant, que son cœur se fendit...

Et c'est ainsi que partit

La Vilaine !

Aux lieux où l'enfant pleura

Une source se montra

Dont elle fut la marraine :

La rivière qui coula

Depuis ce jour s'appela

"La Vilaine"'.

***

La chanson La Vilaine de Théodore Botrel n'attaque pas Anne de Bretagne. Il s'agit d'un conte poétique et étiologique qui utilise la figure de la duchesse comme simple repère chronologique pour inventer une légende folklorique expliquant de manière humoristique et poétique l'origine du nom du fleuve la Vilaine, le premier couplet situe l'action « au temps où, dans Paris, la Duchesse Anne était Reine »

Kénavo Fulup

 

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