De Guer à Rennes Odorico Isidore, un mosaïste célèbre
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Odorico Isidore, un mosaïste, dont les œuvres font la fierté de Rennes.
Guer n'est pas en reste, l'ancien bureau de la poste et télégramme de l'école militaire Coetquidan St Cyr a été décoré par Odorico .Une allée du nouveau lotissement des Vaux, à Guer (Morbihan), porte le nom des frères Odorico. Guer conserve de nombreuses traces bien visibles du travail d’ Odorico, l’allée centrale de l’église Saint-Gurval, l’ancien hôpital militaire ou encore l’ancien bureau de poste de Coëtquidan. Le style Odorico est reconnaissable sur la façade, où l’on peut lire : « Camp de Coëtquidan. Postes. Télégraphes. Téléphones. Le bureau de poste a été construit en 1923, le camp militaire de Coëtquidan avait sa gendarmerie, sa poste, son casino et géré par l’administration militaire jusque dans les années 1980, le bureau de poste est ensuite devenu une annexe de Guer. Il a fermé en mai 2017.
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Rennes rue Thiers : Temple maçonnique
Sur le thème de l’Égypte antique, l’ornement se compose d’un sphinx en relief au-dessus de l’entrée, tandis que la partie supérieure de l’immeuble est ornée d’un vautour aux ailes déployées rappelant l’iconographie de la déesse protectrice de Haute-Égypte, Nekhbet. Dans un cartouche, le nom de la loge « La Parfaite Union », est inscrit en alphabet franc-maçonnique.
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La demeure de François Chateau,
Maire de Rennes (Ille-et-Vilaine), dans les années 1930. C’est une belle maison de ville, dotée d’un jardin à l’arrière et aujourd’hui occupée par une association de cinéma. Située au 128 de l’avenue Sergent-Maginot et construite en 1925, elle n’a rien perdu de sa superbe. François Chateau formé à la maçonnerie chez les Compagnons du devoir, François Chateau est d’abord entrepreneur en bâtiment. Installé en 1911 à Rennes, tout droit débarqué de Loire-Atlantique, il construit lui-même sa maison en 1925.
Il entre rapidement en politique, « jusqu’à devenir adjoint du maire en 1929 », Un mandat qui lui permet, un peu par hasard, de prendre la tête de la mairie de Rennes en 1935.
« Lorsque le maire de l’époque démissionne quelques semaines après avoir été réélu, François Chateau accède à la fonction de maire, qu’il tiendra jusqu’en 1944. »
Entrepreneur, maire de la ville… Les différentes casquettes de François Chateau lui assurent une assise dans la société rennaise de l’époque. « François Chateau était proche du fils d’Isidore Odorico, le fondateur italien de l’entreprise de mosaïque rennaise. Il lui a donc confié une partie du chantier de sa maison ».
À peine a-t-on passé la porte, la patte du mosaïste emblématique de Rennes saute aux yeux. Du hall d’entrée à celui de la cuisine, les sols sont revêtus de la mosaïque Odorico, La fameuse mosaïque Odorico est présente dès l’entrée avec les initiales (R et C ), pour (Angèle Renou et François Chateau) .
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Une vie et une maison marquées par la guerre
Puis, viennent la guerre et le branle-bas de combat. L’entrepreneur fait construire un bunker dans son jardin, « qui accueillait les gens du quartier lors des bombardements », toujours visible à l’arrière de la maison.
Soupçonné de faits de Résistance, François Chateau est démis de ses fonctions par les Allemands, en 1943. Sans preuve, impossible de l’arrêter. Pourtant, l’ennemi ne s’est pas trompé. « Chateau embauchait des jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne, et fournissait également des informations à la Résistance » . Averti alors que la milice est sur le point de l’arrêter, il s’enfuit en 1944.
La maison sera léguée par une de ses filles, à la condition qu’elle ne soit pas détruite, appartient aujourd’hui à la Ville. Deux résidences d’artistes ont élu domicile au premier et deuxième étages. Comptoir du doc, association organisatrice d’événements tout au long de l’année dans différents lieux de Rennes et du département, et pour mettre en valeur le cinéma documentaire de création, quant à elle, le rez-de-chaussée.
En 1932, un nouveau quartier est créé dans les faubourgs sud de Rennes : le Haut-Quineleu s'urbanise et il faut un lieu de culte à la nouvelle paroisse. C'est d'abord un édifice provisoire. Puis, pour la construction d'une église, le diocèse fait appel à l'architecte Hyacinthe-Marie Perrin (1877-1965), déjà auteur de la chapelle du Carmel rennais. Notons que, plus tard, son fils Yves et son petit-fils, architectes eux aussi, se distingueront dans la construction d'édifices religieux à Rennes et dans la région.
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L'église Sainte-Thérèse sera bâtie de 1934 à 1936 par l'entrepreneur Charles Badault. De belle ampleur (près de 50 mètres de long et plus de 30 mètres de haut), son plan se rapproche de la croix grecque. L'architecture, dont l'emboîtage des toits n'a rien de simple, est prévue pour accueillir un millier de fidèles. Hyacinthe Perrin s'est appliqué, que ce soit dans les formes ou l'aspect des matériaux et de leur coloris, a créé une très agréable harmonie intérieure et extérieure. Les sculptures d'Albert Bourget, le pavage et les mosaïques d'autels d'Isidore Odorico, les peintures de Louis Garin et les vitraux du Rennais Émile Rault réalisent un bon équilibre décoratif.
En septembre 2002, un incendie cause d'importants dégâts. Peintures et mosaïques seront restaurées. Ceux des vitraux de l'atelier d'Émile Rault qui ont été détruits par le feu seront refaits par le même atelier, dirigé cette fois par son fils André, grâce aux maquettes qui ont toutes été conservées.
Principales réalisations de Isidore Odorico 1923 : Monument aux morts Odorico dans le cimetière de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine)
1923-1926 : bassins de la piscine et des bains publics Saint-Georges à Rennes (Ille-et-Vilaine).
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1924-1928 : intérieur de la chapelle du Grand séminaire de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor)
1925 : intérieurs et extérieurs de la Villa « Le Petit Carihuel » à Étables-sur-Mer (Côtes-d'Armor).
1925 vers : mosaïques dans les sous-sols de l'ancien Hôtel-Dieu de Rennes : ensemble des galeries, douches, salles de bains, bains sulfureux, blocs opératoires.
1925 : mosaïques dans la maison de François Château, Avenue du Sergent-Maginot à Rennes.
1926 : intérieurs des Bains-douches de Laval : Restaurés en 2017.
1926-1927 : décors de façade de l'usine Morel et Gaté à Fougères (Ille-et-Vilaine).
1927 : façades et intérieurs de la Maison bleue à Angers (Maine-et-Loire).
1928 : salons de l'actuel hôtel d'Anjou à Angers.
1928 : piscine du Balnéum de Dinard (Ille-et-Vilaine) (détruit).
1930 : façade de l'ancienne pâtisserie Gilbert, rue du Chapitre à Saint-Brieuc.
1930 : Mosaïques intérieures (sol) de l'Armoric Hôtel à Trégastel
1930 : piscine du Château de Marson à Rou-Marson (Maine-et-Loire).
1931 : façades de l'immeuble Poirier, 7 avenue Janvier à Rennes (restauré en 2016/2017).
1931-1932 : enseigne "Perrier-Baron" sur le fronton de l'entreprise familiale de vente de fruits et légumes à La Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine).
1931 : mosaïque au sol, dans l'entrée de l'ancien hôtel de Farcy, au 11 quai Lammenais (anciennement quai de Nemours), à Rennes.
1932 : vestibule de l'hôtel de ville de Perros-Guirec (Côtes-d'Armor).
1932 : intérieurs de la Cité universitaire, Maison des Étudiantes, rue de Fougères à Rennes.
1933 : intérieurs de l'église Sainte-Thérèse de Rennes.
1934 : lambris et frise de la crèche Papu à Rennes.
1935 : intérieurs de la Cité universitaire, Maison des Étudiants, 94 boulevard de Sévigné à Rennes.
1935 : intérieurs de la poste de Tréguier (Côtes-d'Armor).
1935 : intérieurs de la poste de Cancale (Ille-et-Vilaine).
1938 : sols et escalier de la Compagnie française d'aviation à Angers.
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1939-1940 : façade et décors intérieurs de la maison d'Isidore Odorico, 7 rue Joseph Sauveur à Rennes
La tombe de la famille Odorico est située au cimetière du Nord à Rennes dans le quartier Saint-Martin.
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L' Historique d' Isidore Odorico
Mosaïste de génie né à Rennes le 30 octobre 1893, d’une famille originaire du Frioul italien, Isidore Odorico a durablement marqué le paysage architectural de sa ville de naissance et de sa région, il décédera le 27 février 1945.
Les frères Odorico, Isidore (père) et Vincent, viennent de Sequals, dans la province italienne du Frioul. Ils participent au chantier de l'Opéra Garnier à Paris sous la direction du mosaïste italien réputé Giandomenico Facchina puis, après un passage à Tours, en 1882 les frères s'associent et fondent leur entreprise à Rennes.
Voilà une réussite emblématique de métissage artistique, un jumelage improbable entre le Frioul et la Bretagne, une touche bienvenue de latinisme en terre celte. Une implantation à la fois d’une famille et d’un savoir-faire, dans une région qui fait aujourd’hui des œuvres signées « Odorico ».
A notre région sans tradition de mosaïque, ils apportent une technique de leur province d'origine : la pose par inversion, d'abord utilisée à l'Opéra Garnier à partir de 1866 par le mosaïste de génie Giandomenico Facchina , inspirée par les procédés de restauration des mosaïques antiques, et l'invention des « émaux dimensionnés » qui permettent un gain de temps sur les coupes de tesselles. Très bons artisans, ils répondent à des commandes passées par des architectes pour les églises d'Ille-et-Vilaine et des Côtes d'Armor, dans la lignée des décors des basiliques mariales de la fin du 19e siècle, telles Notre-Dame de la Garde à Marseille, Fourvière à Lyon. Leur travail quotidien est le décor au sol, principalement en marbre, pour des entrées d'immeubles ou des boutiques, voire un grand immeuble comme celui du magasin Valton, 9 rue d'Antrain à Rennes (1897). Au n° 7, avenue Janvier à Rennes, autre immeuble décoré par Isidore Odorico, en 1931.
Près d’une trentaine d’œuvres dont certaines sont emblématiques comme la piscine Saint-Georges bien sûr, mais aussi le marché central La Criée, la façade de l’ancien magasin Valton rue d’Antrain, l’église Sainte-Thérèse, la cité universitaire du boulevard de Sévigné, l’immeuble Poirier, ainsi que la maison Odorico elle-même, ancien siège de l’entreprise situé au 7 de la rue Joseph-Sauveur, parallèle à l’actuelle avenue Janvier.
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Isidore Odorico fils, après avoir suivi durant cinq ans les cours de l'école des beaux-arts de Rennes de 1908 à 1913, reprend l'entreprise familiale après la première guerre mondiale et la développe. En 1922, il épouse Marcelle Favret (1901-1973). Il sera sur de nombreux chantiers avec son beau-père, Pietro Favret , également mosaïste et d'origine italienne. Grâce à sa formation artistique, il crée de manière tout à fait personnelle des motifs inspirés par l'Art Déco, alors en grande vogue. Il collabore avec différents architectes travaillant en Bretagne : Jean de La Morinerie pour « Le Petit Carhuel » à Étables-sur-Mer, Emmanuel Le Ray pour des crèches à Rennes, Pierre Laloy pour les postes de Saint-Lunaire, Tréguier, Rennes-République, Hyacinthe Perrin pour l'église Sainte-Thérèse à Rennes, Roger Jusserand pour la « Maison bleue » à Angers.
Rennes devient un des grands centres de production de mosaïque de France et on trouve des œuvres de l'atelier Odorico dans 122 villes du grand Ouest.
Un incendie survenu dans les entrepôts de la rue de Léon à Rennes en janvier 1929 amène M. Odorico à en évaluer les conséquences immédiates qui traduisent bien l'importance acquise par l'entreprise : " Cet atelier était le plus précieux, celui où nos plans, nos maquettes et nos matériaux les plus importants étaient déposés, du papier (près de 500 kg) et des mosaïques: les carrés de mosaïques éclataient et crépitaient dans les flammes.
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De l'entrepôt détruit dépendait, pour beaucoup, la marche de nos affaires. Aussi allons-nous être obligés de rappeler à Rennes les ouvriers qui travaillent sur nos chantiers extérieurs, dans toute la Bretagne, de Malestroit à Laval et de Saint-Brieuc à Saint-Nazaire, car nous ne pourrons plus leur fournir les matériaux dont ils ont besoin pour terminer leurs tâches".
L’entreprise périclita après la Seconde Guerre mondiale et dut fermer ses portes en 1978.
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